64 ans Âge légal (génération 1968+)
67 ans Taux plein automatique
58 ans Plancher carrière longue
172 Trimestres pour taux plein

L'âge de départ est le levier qui pèse le plus lourd sur le montant final de votre pension. Un an de plus ou de moins peut représenter 100 à 250 €/mois à vie, soit 30 000 à 60 000 € cumulés sur 20 ans de retraite. Connaître les bons seuils — et leurs exceptions — est donc essentiel avant toute décision.

Ce guide couvre les trois âges officiels (62, 64, 67 ans), les sept dispositifs de départ anticipé, l'impact concret de la suspension partielle de la réforme actée par la LFSS 2026, et les arbitrages financiers que vous devez faire si vous approchez la liquidation.

Les trois âges de référence en 2026

En 2026, trois âges structurent le système de retraite français. Aucun n'est interchangeable, et confondre l'un pour l'autre coûte cher.

62 ans — le plancher légal absolu

C'est l'âge minimum en dessous duquel personne ne peut liquider sa retraite, sauf dispositif dérogatoire (carrière longue, handicap, inaptitude, pénibilité). Avant la réforme 2023, c'était l'âge légal commun. Aujourd'hui, c'est devenu le plancher des départs anticipés.

64 ans — l'âge légal (génération 1968 et après)

C'est l'âge à partir duquel vous pouvez demander votre retraite sans dispositif spécial. Atteindre 64 ans ne vous garantit pas le taux plein : il faut aussi avoir validé tous vos trimestres (172 pour la génération 1968+). Sinon, une décote permanente s'applique.

67 ans — le taux plein automatique

À 67 ans, le taux plein est accordé d'office, quel que soit votre nombre de trimestres. C'est la garantie légale de fin de décote. Continuer à travailler au-delà de 67 ans permet d'accumuler une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire — souvent oubliée, alors qu'elle peut transformer la trajectoire d'une fin de carrière.

Bon à savoir

Le taux plein automatique à 67 ans s'applique aussi à la retraite complémentaire Agirc-Arrco depuis la suppression définitive du coefficient minorant de 10 % en avril 2024.

Âge légal et trimestres requis par année de naissance

La réforme 2023 a relevé l'âge légal progressivement de 62 à 64 ans, par tranches de 3 mois par génération. La LFSS 2026 a partiellement suspendu cette montée pour les générations 1964 et 1965, ramenant temporairement leur âge légal à 63 ans.

Année de naissanceÂge légal de départTrimestres requis (taux plein)
1955 — 195762 ans166
1958 — 196062 ans167
1961 (sept-déc.)62 ans et 3 mois168
196262 ans et 6 mois169
196362 ans et 9 mois170
1964 — 196563 ans (suspension LFSS 2026)171
196663 ans et 3 mois172
196763 ans et 6 mois172
1968 et après64 ans172
Attention — génération 1964/1965

La LFSS 2026 a ramené votre âge légal de 63 ans 3 mois (loi 2023) à 63 ans, mais cette suspension est partielle et conditionnelle. Vérifiez impérativement votre situation personnelle sur info-retraite.fr avec votre numéro de sécurité sociale avant toute démarche de liquidation.

Carrière longue : partir avant 64 ans

Le dispositif carrière longue est la première porte de sortie avant l'âge légal. Il s'adresse aux personnes ayant commencé à travailler jeunes. Quatre âges de départ sont possibles selon l'âge de début de carrière.

Âge de début d'activitéÂge minimum de départTrimestres cotisés début de carrière requis
Avant 16 ans58 ans5 trimestres avant fin de l'année des 16 ans
Avant 18 ans60 ans5 trimestres avant fin de l'année des 18 ans
Avant 20 ans62 ans5 trimestres avant fin de l'année des 20 ans
Avant 21 ans63 ans5 trimestres avant fin de l'année des 21 ans

Dans tous les cas, il faut aussi justifier d'une durée d'assurance complète (172 trimestres pour les générations 1968+), dont une majorité doit être effectivement cotisée — pas seulement validée par chômage indemnisé, maladie ou éducation.

Cas pratique

Christophe, 60 ans — carrière longue

Christophe a commencé son apprentissage en plomberie à 16 ans, en 1982. Il a cotisé sans interruption jusqu'à aujourd'hui, sauf 18 mois de chômage en 2009.

Bilan trimestres : 175 cotisés, dont 5 trimestres avant ses 16 ans révolus. Il remplit donc la condition d'âge de début (avant 16 ans) et de durée (175 ≥ 172).

→ Christophe peut partir dès 58 ans au taux plein (carrière longue ultra-précoce). Sa pension n'est pas minorée et il évite plus de 5 ans d'attente, soit ~85 000 € de pension nette gagnés (vs un départ à 64 ans).

Handicap, pénibilité, inaptitude : les autres portes de sortie

Retraite pour handicap (à partir de 55 ans)

Si vous justifiez d'une incapacité permanente d'au moins 50 % pendant tout ou partie de votre carrière, vous pouvez partir dès 55 ans (avec 90 trimestres cotisés et 110 validés à cet âge). C'est le dispositif le plus avantageux car il donne le taux plein automatique sans décote, et une majoration de pension est même possible.

Compte professionnel de prévention (C2P, ex-pénibilité)

Salariés exposés à des facteurs de risque (travail de nuit, équipes successives alternantes, températures extrêmes, bruit) accumulent des points C2P. Jusqu'à 80 points utilisables pour partir jusqu'à 2 ans avant l'âge légal (8 trimestres = 2 ans). Le dispositif a été assoupli par la réforme 2023.

Inaptitude au travail

Reconnaissance médicale par le médecin-conseil de l'Assurance Maladie. Permet d'obtenir le taux plein automatique dès l'âge légal sans condition de trimestres. Pas un départ anticipé, mais une suppression de la décote.

Retraite progressive (dès 62 ans)

Pas un départ stricto sensu mais un aménagement : vous réduisez votre temps de travail (entre 40 % et 80 % d'un temps plein) et percevez une fraction proportionnelle de votre pension, tout en continuant à cotiser. Ouverte aux salariés, indépendants et fonctionnaires depuis septembre 2023.

L'impact financier de chaque année de départ

Partir un an plus tôt ou plus tard cumule deux effets sur votre pension : la décote (ou surcote) et un trimestre cotisé en moins (ou en plus). Voici l'ordre de grandeur sur une pension de base CNAV avant complémentaire.

Scénario de départEffet sur la pension CNAVImpact sur 20 ans de retraite
4 trimestres manquants au départ−5 % (décote)≈ −16 000 € de pension cumulée
8 trimestres manquants au départ−10 %≈ −32 000 €
12 trimestres manquants (maximum décote)−15 %≈ −48 000 €
Surcote — 4 trimestres après taux plein+5 %≈ +16 000 €
Surcote — 8 trimestres+10 %≈ +32 000 €
Surcote — 12 trimestres (3 ans)+15 %≈ +48 000 €

Ces chiffres concernent uniquement la pension CNAV (régime de base). L'Agirc-Arrco s'ajoute pour les salariés du privé avec des effets similaires, ce qui double approximativement l'impact total.

Le calcul exact dépend de votre profil

Chaque trimestre supplémentaire n'a pas la même valeur selon votre âge, votre salaire des 25 meilleures années (SAM) et votre statut. Le simulateur SimpliRetraite chiffre l'écart précis entre 62, 64 et 67 ans pour votre situation personnelle, en euros mensuels et cumulés sur 20 ans.

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Stratégie : à quel âge faut-il vraiment partir ?

La réponse dépend de votre situation personnelle, mais quelques principes guident la décision.

Si vous avez tous vos trimestres à l'âge légal

Partir dès l'âge légal est rationnel si vous voulez profiter de votre temps libre et que votre pension vous suffit. Continuer permet de gagner +1,25 % par trimestre supplémentaire (surcote), mais ce gain n'est rentabilisé qu'après 8 à 12 ans selon votre TMI.

Si vous avez 1 à 8 trimestres manquants

Travailler 3 mois à 2 ans de plus est souvent la meilleure option. Le rachat de trimestres (3 000 à 7 500 € par trimestre selon âge et option) peut être étudié si vous ne pouvez pas prolonger l'activité — sa rentabilité dépend de votre TMI.

Si vous avez 9 à 16 trimestres manquants

Là, le choix devient délicat. Soit prolonger jusqu'à 67 ans pour bénéficier du taux plein automatique (suppression totale de la décote), soit accepter une décote plafonnée à 25 %. L'arbitrage se fait au cas par cas en fonction de votre santé, de votre revenu actuel, et du delta réel.

Cas pratique

Marie, 62 ans — l'arbitrage classique

Marie est née en 1964. Son âge légal a été ramené à 63 ans par la LFSS 2026 (au lieu de 63 ans 3 mois). Elle a 168 trimestres validés sur 171 requis, soit 3 trimestres manquants.

Trois options s'offrent à elle : partir à 63 ans avec 3 trimestres manquants (décote de 3,75 %), travailler 9 mois de plus pour valider les trimestres restants, ou racheter ses 3 trimestres au tarif option 1 (≈ 14 000 €).

→ Le rapport personnalisé SimpliRetraite calcule pour Marie : option 2 (travailler 9 mois) lui rapporte +52 €/mois à vie, soit 12 500 € sur 20 ans. Option 3 (rachat) lui coûte 14 000 € pour le même gain — perte de 1 500 € hors avantage fiscal. Recommandation : continuer 9 mois.

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Questions fréquentes

Quel est l'âge légal de départ à la retraite en 2026 ?

L'âge légal est de 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1968. Pour les générations 1961 à 1967, il varie entre 62 ans et 3 mois et 63 ans et 6 mois. La LFSS 2026 a partiellement suspendu la réforme pour les générations 1964-1965, ramenant temporairement leur âge légal à 63 ans.

À quel âge a-t-on le taux plein automatique ?

Le taux plein automatique est accordé à 67 ans, quelle que soit la durée de cotisation. À cet âge, vous touchez votre pension sans décote même si tous vos trimestres ne sont pas validés. C'est une garantie légale absolue, valable depuis la réforme 2010.

Peut-on partir à la retraite avant 60 ans ?

Oui, mais seulement sous trois conditions strictes : carrière longue ultra-précoce (début avant 16 ans → départ dès 58 ans), retraite pour handicap (≥ 50 % d'incapacité → dès 55 ans), ou retraite anticipée pour incapacité permanente liée au travail (dès 60 ans selon les cas).

Qu'est-ce que la surcote et comment l'obtenir ?

La surcote est une majoration de +1,25 % par trimestre supplémentaire travaillé après avoir atteint à la fois le taux plein (trimestres requis validés) ET l'âge légal. Trois ans de surcote = +15 % de pension à vie. Sur une pension de 1 500 €/mois, cela représente +225 €/mois, soit +54 000 € cumulés sur 20 ans.

Combien de trimestres pour partir à 62 ans ?

Pour partir à 62 ans hors carrière longue, il faut soit avoir 62 ans + 3 mois minimum (génération 1961+), soit attendre 64 ans (génération 1968+). Les générations 1955-1960 peuvent partir à 62 ans avec 166-167 trimestres requis pour le taux plein.

La LFSS 2026 a-t-elle annulé la réforme des retraites ?

Non, la LFSS 2026 a uniquement suspendu partiellement la montée de l'âge légal pour les générations 1964 et 1965, qui restent à 63 ans au lieu de monter à 63 ans 3 mois et 63 ans 6 mois. La réforme reste pleinement applicable pour les générations 1966 et suivantes (montée progressive à 64 ans en 2030).

Comment savoir si je remplis les conditions de carrière longue ?

Trois conditions cumulatives : (1) avoir commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans selon l'âge de départ visé (58, 60, 62 ou 63 ans), (2) avoir validé 5 trimestres avant la fin de l'année civile de cet âge (4 si vous êtes né au 4e trimestre), (3) avoir une durée d'assurance totale au moins égale à celle requise pour votre génération.

Faut-il attendre 67 ans pour partir sans décote ?

Non, vous pouvez partir sans décote dès que vous avez validé tous vos trimestres requis (166 à 172 selon votre génération). Vous n'avez besoin d'attendre 67 ans que si vous n'arriverez jamais à atteindre tous vos trimestres — dans ce cas, 67 ans devient votre porte de sortie pour annuler toute décote.

Le départ à 64 ans est-il toujours pénalisant ?

Pas du tout. Si vous avez tous vos trimestres requis à 64 ans, vous partez au taux plein sans aucune pénalité. La décote ne s'applique que si vos trimestres manquent. Pour les générations 1968+, atteindre 172 trimestres à 64 ans est possible si vous avez commencé à travailler à 21 ans sans interruption.

Peut-on cumuler plusieurs dispositifs (carrière longue + handicap, etc.) ?

Non, vous choisissez le dispositif le plus avantageux à la liquidation. En pratique, la retraite pour handicap (dès 55 ans avec taux plein automatique) est plus avantageuse que la carrière longue dans la plupart des cas où vous y êtes éligible. Le simulateur calcule le scénario optimal pour votre profil.

Combien coûte un an de retard sur le départ légal ?

Si vous attendez 1 an après l'âge légal alors que vous avez déjà le taux plein, vous perdez 12 mensualités de pension mais gagnez une surcote de +5 % à vie. Pour une pension de 1 500 €/mois, perte immédiate de 18 000 € contre gain de +75 €/mois sur 20 ans (+18 000 €). Le point d'équilibre est exactement à l'année 1 — au-delà, la surcote devient gagnante.

Comment vérifier mon âge de départ exact ?

Connectez-vous sur info-retraite.fr avec votre numéro de sécurité sociale et FranceConnect. Votre relevé de carrière indique votre âge légal personnel, vos trimestres validés et cotisés, et une estimation de pension. C'est gratuit et officiel, mais ne propose pas de scénarios comparatifs — pour cela, le simulateur SimpliRetraite est complémentaire.